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Trois bonnes raisons de regarder « Aïda »

OPÉRA – Pour le 150ème anniversaire d’Aïda, l’opéra monumental, de Verdi, la metteuse en scène Lotte de Beer présente une nouvelle version de cet incontournable succès, avec, excusez du peu, Sondra Radvanovsky, Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier. Un événement à suivre le 18 février, en direct sur Arte Concert depuis l’opéra Bastille.

1 – Un chef d’œuvre tragico-féministe !

À travers ses décors fastueux et ses airs connus de tous comme La Marche triomphale, Aïda de Verdi, créé en décembre 1871, coche l’ensemble des cases pour séduire l’amateur ou le novice. La passion qui lie Aïda et Radamès connaît des écueils dont le principal a pour nom Amnéris (interprétée par la mezzo-soprano Ksenia Dudnikova), fille du roi d’Égypte. Éprise du puissant soldat, elle tente le diable pour séparer l’esclave de son amant. Aïda s’inscrit dans un registre universel où l’amour et le pouvoir se conjuguent jusqu’au drame, qui n’est pas sans rappeler les thèmes de la tragédie grecque.

La pièce en quatre actes reste très actuelle comme l’indique la metteuse en scène Lotte de Beer : l’opéra porte « un regard critique sur les représentations européennes des peuples assujettis ». L’histoire d’amour impossible entre le général Radamès et l’esclave Aïda rend compte des ravages de la guerre entre deux pays, l’Égypte et l’Éthiopie. Aïda demeure l’héroïne des temps modernes, courageuse, intrépide et féministe. Elle surmonte chaque obstacle avec une détermination qui impressionne, au-delà des frontières et des siècles.

Aïda
2 – Une distribution trois étoiles

L’Opéra national de Paris a réuni deux géants de la scène classique internationale, la soprano américano-canadienne Sondra Radvanovsky (elle a participé à plusieurs productions du Metropolitan Opera de New York : le Trouvère, Roberto Devereux, Norma…) et le ténor Jonas Kaufmann, pour une épopée lyrique. Ils interprèteront respectivement les rôles d’Aïda et de Radamès. Sans oublier Ludovic Tézier, notre baryton national dont la prestance flamboyante n’est d’égal que la qualité de son chant.

Quant à la mise en scène, elle s’annonce audacieuse. Aïda prend des airs de La Liberté guidant le peuple et promet d’offrir des tableaux suscitant tout un panel d’émotions aux spectateurs.

Aïda
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3 – Un opéra politique

Sous ses airs romantiques, Aïda de Verdi a été créé dans un contexte politique bien particulier. L’opéra est une commande d’Ismaïl Pacha, khédive (titre de souveraineté) d’Égypte pour l’inauguration du canal de Suez. La veille au soir de Noël 1871, la pièce fait un succès au Caire auprès de hauts responsables mais Verdi aurait préféré que son œuvre soit acclamée par le grand public.

Aïda de Verdi, Arte France, Telmondis, Opéra de Paris, 2021 (3h). Jeudi 18 février à 19h30 (en direct) sur Arte Concert. Disponible sur Arte Concert à partir du 21 février.