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Francesco Tristano : le piano recomposé

COMPTE-RENDU – Le pianiste luxembourgeois était à La Scala, à Paris, pour enregistrer son nouvel album, On Early Music, dans lequel il mêle, sans gêne ni artifices, passé et présent, musique baroque et mix contemporains. Une expérience à voir en vidéo. On y était, on vous raconte.

Dans l’intimité de La Scala (Paris), Francesco Tristano a consacré quelques jours à l’enregistrement de son nouvel album, On Early Music. Entouré de trois radiateurs d’appoint, pour se réchauffer dans une salle vide de public, il a peaufiné jusqu’au dernier moment ses partitions. Une résidence parisienne qui s’est conclue par un enregistrement d’une heure, samedi 13 février.

Dans l’intimité d’un enregistrement

Comme une petite souris, nous nous sommes faufilés pour observer, dans un silence religieux et attentif, l’ultime prise de son d’On Early Music. Une expérience étonnante, captée par quelques caméras discrètes, disponible sur YouTube. Curieux du travail d’enregistrement et de la dissection d’œuvres, cette session est faite pour vous ! Francesco Tristano connaît bien la salle de La Scala, et surtout son piano… qu’il a lui-même choisi, en 2016 avant l’ouverture de la salle, lors d’un voyage à Hambourg – le siège social de Steinway and sons – avec le pianiste Bertrand Chamayou.

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Aussi à l’aise aux platines dans les boilerooms berlinoises qu’avec les Suites anglaises de Bach, le Luxembourgeois de 39 ans signe, avec On Early Music, son retour aux fondamentaux : le piano, rien que le piano. Ce nouvel album, à paraître chez Sony, mêlera, comme une chose évidente, pièces de compositeurs baroques et compositions personnelles.

Pièces baroques et compositions maison

Pointure du mouvement neo-classique (new-classical), le pianiste continue de bâtir des ponts entre le baroque et l’électro, sans jamais dénaturer les musiques dont il s’empare. Au programme du dernier enregistrement d’On Early Music : cinq pièces d’Orlando Gibbons, les Toccata 4, 8 et 9 de Girolamo Frescobaldi (Livre II, 1637) et Veni Redemptor Gentium de Thomas Tallis. Autant de compositeurs baroques qui se côtoient dans ce projet auquel le pianiste a imprimé sa touche : électrique, tonique, moderne.

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Concentré d’abord sur les pièces anciennes, installant la salle sombre dans une ambiance un peu tiède, Francesco Tristano monte crescendo, presque groovy sur les tocatas. En seconde partie le pianiste présente deux de ses nouvelles compositions, largement inspirées des accords de Frescobaldi, dans lesquelles il offre, sur les loops rythmiques qui font sa signature, une vision beaucoup plus vibrante et vivante de ce que sera certainement On Early Music. En effet, l’enregistrement n’est que “20%” du travail, affirme le pianiste. Le reste, le mix, se fera hors des murs de la Scala. De quoi éveiller notre curiosité et nous donner envie de voir à quoi ressemblera le “produit fini”. Rendez-vous dans quelques semaines pour la critique du disque !

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