Victoires de la musique classique 2021 : le palmarès complet

VICTOIRES DE LA MUSIQUE CLASSIQUE – La cérémonie des 28e Victoires de la musique classique s’est déroulée à l’Auditorium de Lyon mercredi soir. Elle a consacré sept artistes ou groupe, sous le regard de Stéphane Bern et de la violoniste Marina Chiche. Retour sur les moments forts.

L’année 2021 demeure étonnante à tout point de vue et les Victoires de la musique classique n’échappent pas à la règle. Des artistes confirmés aux jeunes talents d’aujourd’hui et de demain, la scène classique française est pleine de ressources. Si les pointures n’ont plus grand-chose à prouver, la nouvelle génération fait preuve d’originalité et de magnétisme. Tous se sont succédé sur scène, entraînant avec eux leur passion commune, l’art lyrique. Entre la célébration des trente ans du film Tous les matins du monde d’Alain Corneau, avec la présence du gambiste Jordi Savall, et les traits d’humour d’Alex Vizorek, les ingrédients étaient réunis pour une cérémonie inédite.

Soliste instrumental et Artiste lyrique de l’année

Trois solistes de premier plan concouraient dans la catégorie Soliste instrumental : le guitariste Thibaut Garcia et les pianistes Alexandre Thraraud et Khatia Buniatishvili, La Victoire est finalement revenue à Alexandre Tharaud, déjà lauréat en 2012. Lors de son discours, il a tenu à avoir une pensée pour celles et ceux de ses collègues qui subissaient de plein fouet la crise de la Covid-19. Côté Artiste lyrique de l’année, la récompense est revenue à Julie Fuchs, déjà lauréate de ce prix en 2014, ainsi que de la Révélation artiste lyrique en 2012.

Les Révélations

À seulement 24 ans, la Révélation du meilleur soliste instrumental a été remportée par le percussionniste Aurélien Gignoux. Tombé très tôt dans la marmite car ses parents étaient musiciens à l’Orchestre du Capitole de Toulouse, il a poursuivi ses études avec un master au CNSM de Paris et n’a cessé d’explorer les mystères des percussions. En 2019, il a intégré le trio K/D/M, créateur de nouvelles pièces de Jean-Pierre Drouet ou encore Martin Matalon.

© Pascal Fayolle-Bestimage

Marie-Laure Garnier, qui avait déjà gagné le prix Voix des Outre-Mer en 2019, ajoute une nouvelle pierre à son édifice, avec la Victoire de la Révélation artiste lyrique. La soprano guyanaise a dit sa volonté de posséder de véritables institutions dédiées à son art dans les départements d’Outre-Mer. Dans la même catégorie, Marie Oppert et Jeanne Gérard complétaient le podium. Trois femmes à qui un bel avenir est promis.

© Pascal Fayolle- Bestimage

Ces Victoires 2021 étaient placées sous le signe du féminisme. La cheffe d’orchestre vénézuélienne Glass Marcano a magistralement dirigé l’Orchestre national de Lyon en reprenant le final de la Symphonie n°4 de Tchaïkovsky, offrant ainsi un moment saisissant.

Prix Compositeur et Enregistrement

Deux autres prix viennent s’ajouter à l’ensemble du palmarès. Ainsi, dans la catégorie Compositeur, c’est la compositrice franco-américaine Betsy Jolas, née en 1926, qui remporte la Victoire avec Topeng pour quatuor à cordes.

La catégorie Enregistrement n’était pas en reste avec trois nominations : le quatuor Ebène pour Beethoven, Around the world » (Erato), la violoniste Marianne Piketty et Le Concert Idéal pour L’Heure bleue, H. de Bingen, Hersant, Chostakovitch, Hartmann (Evidence Classics) et Véronique Gens et I Giardini pour Nuits (Alpha Classics). C’est le Quatuor Ebène qui a raflé la mise, revenant de son tour du monde pour honorer Beethoven et la musique de chambre.

Hommages en cascade

En dehors des remises de prix, la soirée fut marquée par l’hommage rendu au violoniste Ivry Gitlis, disparu en décembre dernier. Les élèves de l’ensemble à cordes du Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon (CNSMD) ont magnifiquement interprété le Liebesleid de Kreisler. Dans la foulée, les mêmes élèves ont reçu la Victoire d’honneur. Un joli geste en soutien aux étudiants, qui prennent de plein fouet la crise sanitaire.

Pour fêter les trente ans de l’inoubliable filmTous les Matins du Monde, Jordi Savall a joué Muzettes I – II et La Sautillante, deux pièces de viole extraites du quatrième livre de Marin Marais, dédiant avec émotion ce moment à Alain Corneau et Jean-Pierre Marielle.

2020 a aussi vu disparaître les sopranos Mady Mesplé et Christiane Eda-Pierre, ainsi que le baryton-basse Gabriel Bacquier. Les Victoires leur témoignent un ultime remerciement pour ces trois carrières hors du commun, qui ont marqué des générations de spectateurs.

Un dernier hommage a été rendu au compositeur Ennio Morricone, sous forme d’un medley d’extraits de ses plus célèbres musiques de film (Cinema Paradiso, Le Bon, La Brute et le Truand…), par l’Orchestre national de Lyon, dirigé par Franck Srobel,

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Ouverte, comme il se doit, par Le Boléro de Ravel, cette soirée s’est conclue, toujours comme il se doit, par la Marche de Radetzky, emblème du concert classique festif et de bon ton. Comme la soirée finalement : sympathique et bien réalisée, mais manquant cruellement de peps et de variété. Les intermittents auraient pu être reconnaissants pour l’année blanche (prolongement d’un an de leurs droits au chômage, sans augmentation du nombre d’heures à prester). Quant à Marina Chiche, si elle avait dominé son trac et retrouvé l’humour qui est le sien, elle aurait pu aider Stéphane Bern à retirer le parapluie de son gosier, rendant ainsi cette 28e cérémonie des Victoires de la musique classique… moins has been