On regarde quoi cette semaine ?

NOUVEAUX FORMATS – La musique classique est partout, ou presque ! Chaque semaine, on scanne la présence de la musique classique à la télévision, en VOD, sur YouTube… Retrouvez les programmes sélectionnés par la rédaction et diffusés du 6 au 12 mars.

Dur dur, cette semaine, de résister à la tentation de vous proposer une sélection exclusivement composée de programmes diffusés sur Arte. Il faut dire que dès qu’il s’agit des chaînes de la TNT, le choix est vite limité… Loin devant toutes les autres, Arte remporte haut la main la palme de la meilleure programmation de documentaires, films et concerts. En matière de diversité, de qualité et d’accessibilité des programmes, difficile de faire mieux. Il aurait fallu renommer cette rubrique « On regarde quoi cette semaine, sur Arte » et ça n’est pas trop notre truc. Diversifier nos choix, c’est aussi la promesse que l’on se fait à Classique mais pas has been, et que l’on tente d’appliquer chaque semaine.

À LA TÉLÉVISION

Franz, le drame franco-allemand de François Ozon

Néanmoins, deux films diffusés sur la chaîne franco-allemande retiennent notre attention. Le premier, c’est le sublime noir et blanc Frantz de François Ozon. Frantz, soldat allemand mort dans les tranchées pendant la Première Guerre Mondiale, était promis à Anna. Un matin, elle rencontre au cimetière Adrien (Pierre Niney), qui vient aussi fleurir la tombe de Frantz. Une rencontre à l’issue dramatique, rythmées par les musiques de Chopin, Debussy, Rimski-Korsakov ou Tchaïkovski…

Sur Arte, mercredi 10, à 21h05 et jeudi 11, à 13h30 (1h49)
EN REPLAY

Un Cœur en hiver, le triangle amoureux musical de Claude Sautet

Le second, c’est la redécouverte d’Un Cœur en hiver, du réalisateur Claude Sautet, lors d’une soirée hommage, sur Arte, diffusée mercredi 3 mars. L’avant-dernier film du réalisateur est un long-métrage empreint de musiques. Largement inspiré de la vie de Maurice Ravel, il se concentre sur Stéphane (Daniel Auteuil), luthier misanthrope et fasciné par les mécaniques, Maxime (André Dussolier), son associé populaire et joyeux et Camille (Emmanuelle Béart), violoniste passionnée qui enregistre les sonates et le trio de Ravel. Maxime et Camille sont en couple mais elle tombe amoureuse de Stéphane qui est, lui, incapable de sentiments. Un triangle amoureux complexe rythmé par le violon, le violoncelle et le piano de la musique de chambre de Ravel. Une analogie puissante entre les personnages et la musique du compositeur, pour lequel Claude Sautet s’est vu récompensé, en 1992, du César du meilleur réalisateur.

Sur Arte.tv (1h40)

Un peu de Gymnastique à la Philharmonie de Paris

Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une performance artistique d’un metteur en scène bobo-quinoa qui souhaite installer des barres asymétriques et des poutres dans la grande salle Pierre-Boulez. Le format Gymnastique, série documentaire qui passe au scanner les tendances culturelles, ouvre les portes du Musée de la Philharmonie de Paris, et en déniche ici et là quelques secrets. Parmi les cordes, cuivres, pianos et documents précieux se cachent des instruments intrigants et étranges. Focus sur l’octobasse, le mammouth des instruments à cordes, ou l’harmonica de verre qui « rend fou ». Passionnant, court, et rigolo. Foncez regarder !

Sur Arte.tv (5×6′)
SUR LES PLATEFORMES

On Pointe, sur Disney +, entrechats et guimauve

On peut comparer On Pointe, à Graines d’étoiles, série d’Arte (encore !) qui suit le quotidien des élèves de l’École de danse de l’Opéra de Paris, dont on vous a déjà parlé dans nos pages. Le géant Disney pose ses caméras à la School of American Ballet à New York, monde à part de la Big Apple, où les jeunes élèves rêvent de devenir les danseurs du prestigieux New York City Ballet. Pourtant, les deux programmes n’ont rien à voir. D’un côté, on apprécie tout le charme et la discrétion d’une pudeur bien française. De l’autre, la bande-annonce donne l’impression de découvrir un véritable blockbuster. Tourné avec les gros moyens de Disney, On Pointe sonde les émotions, les doutes, les difficultés des protagonistes, mais se glisse aussi dans leurs valises, de New York aux quatre coins des États-Unis. Une proximité qui provoque d’emblée l’attachement : on vit les surprises, les failles et les cris de joies. Un cocktail très américain, vous en conviendrez. On Pointe dégouline d’émotions et de sentiments exacerbés, et risque de rapidement en agacer certains !

Sur Disney + (6×50′)
A LIRE ÉGALEMENT : « Graines d’étoiles, la petite souris de l’École de danse de Paris »
SUR YOUTUBE

Les chroniques de Francis sur Présence compositrices

Présence compositrices, centre de ressources et de promotion du travail des femmes dans la musique classique, se lance dans les chroniques sur YouTube. Francis Paraïso, pianiste et chef de chant, propose désormais chaque mois de découvrir des œuvres rares de compositrices, elles aussi bien rares dans les oreilles du grand public. Dans ce premier épisode, il s’attarde sur le Quintette en si mineur pour quatuor à cordes et piano, opus 40 de la compositrice croate Dora Pejačević (1885-1923), Une petite pastille enthousiaste qui est une belle découverte.

Sur YouTube