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Thomas Enhco et Vassilena Serafimova mettent Bach en miroir

DISQUE – Avec Bach Mirror, sorti le 19 mars chez Sony Music, le pianiste Thomas Enhco et la percussionniste Vassilena Serafimova continuent de mêler marimba et piano dans un nouvel opus subtil et audacieux, qui revisite les œuvres du génie intemporel allemand.

Bach Mirror : vous aurez sans doute reconnu derrière le titre du disque, la référence à la célèbre série dystopique Black Mirror. Si l’œuvre sérielle du Britannique Charlie Brooker se veut être le reflet pervers et dangereux de notre société, on se demande ce que Bach Mirror a à voir avec tout cela. Nul effet pervers ou dystopie flippante dans ce nouvel album de Thomas Enhco et Vassilena Serafimova, mais un point commun entre les deux œuvres toutefois : la revisite d’un héritage en un alliage audacieux et subtil. Musical ici, celui de Johann Sebastian Bach, génie allemand du classique.

Jazz et percussions

Le duo, formé en 2008, vient de sortir chez Sony Music un nouvel album où originalité et promesses se mélangent. Les 13 pistes forment un effet de miroir entre passé et présent et permettent à la musique de Bach d’être confrontée à des accents de jazz grâce au pianiste Thomas Enhco et à la percussionniste bulgare Vassilena Serafimova. Bach Mirror s’avère aussi ludique, tant on essaie de reconnaître chaque transposition avec enthousiasme. Les amoureux de Bach s’amuseront à se rappeler telle ou telle interprétation : The Well-Tempered Clavier, Book 1 – Prelude No. 2, BWV 847 ou la Sonate pour orgue n°4 in E Minor, BWV 528 et découvriront quelques créations du duo.

L’alliance entre piano et percussions fonctionne toujours aussi bien depuis Funambules (2016). Forts de leur expérience commune et respective, Thomas Enhco et Vassilena Serafimova prouvent que l’on peut revisiter un génie comme Bach sans le dénaturer et en respectant ses codes.

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Souvent transportés par la puissance des airs comme Avalanche, Fire Dance ou Chaconne, d’autres morceaux nous laissent un peu sur notre faim… mais n’entachent en rien l’ensemble de cet ovni musical, qui rappelle que Bach est indémodable mais pas toujours adaptable.

Pourquoi on aime ?
  • Pour l’éclectisme dans l’interprétation qui laisse aussi une part à l’improvisation, l’une des spécialités de Thomas Enhco.
  • Pour la musique de Bach, qui demeure universelle et intemporelle.
C’est pour qui ?
  • Pour ceux qui suivent depuis longtemps le duo Enhco/Serafimova.
  • Pour les amateurs de piste de jeu et de découvertes.

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Thomas Enhco, Vassilena Serafimova, Bach Mirror. Sony Music, 2021. (57 minutes)