LIVRE – Paru en novembre dernier, le catalogue Echos se concentre autour de 100 Trésors du musée de la Musique, de la Philharmonie de Paris. Une ode à la musique et à l’art. Marie-Pauline Martin, directrice du musée de la Musique, nous a ouvert les portes de cet endroit unique pour découvrir des œuvres d’art ayant chacune une histoire particulière. Entrez dans les coulisses.

Visiter un lieu culturel en ces temps troublés demeure un grand privilège. Grâce à Marie-Pauline Martin, directrice du musée de la Musique de la Philharmonie de Paris depuis 2016, les vitrines abritant violons, guitares et autres métronomes ont retrouvé un semblant de normalité en étant observé. “Ce ne sont pas uniquement des objets et des instruments, mais avant tout des œuvres d’art”, insiste-t-elle. Au fil de la visite, de nombreuses pépites s’offrent à nos yeux émerveillés : un luth en forme de tortue, des clavecins ornés d’or et de statuettes, des Stradivarius ou une octobasse (il n’en existe seulement que trois au monde).

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Travail patrimonial

Le livre 100 Trésors du Musée de la musique a été pensé page après page. Lors du travail de conception, Marie-Pauline Martin explique qu’elle et son équipe ont “essayé que les instruments présentés sur une double-page soient en cohérence les uns avec les autres”. Le choix des thématiques et des couleurs a demandé une grande rigueur artistique et éditoriale : le résultat est à la fois saisissant et inédit.

L’ouvrage, en plus de posséder des vertus didactiques et pédagogiques, se lit comme un millefeuille. D’inspiration japonaise, ce système permet aux amateurs d’explorer les multiples détails, avec délectation : pour exemple, la croix sonore et la palme, apportent une vision nouvelle de ce que peut être un instrument. Sans être nécessairement joués, ces trésors du XXème siècle dévoilent leurs secrets les mieux gardés : la finesse d’une corde ou la précision d’un motif.

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Un musée tourné vers la recherche

Marie-Pauline Martin ajoute que le musée de la Musique détient aussi son laboratoire de recherche. “Certains instruments sont des fac-similés. Cela demande un immense travail de dextérité de la part des chercheurs car il faut prendre en compte plusieurs paramètres : le respect de la fabrication originale ou l’étude intérieur de l’objet.” Finalement, peu d’instruments “sont mis en jeu. Cela n’aurait pas grand intérêt”, affirme-t-elle.

La dernière partie de l’exposition, dédiéé à la musique électronique, consacre le studio de la RTF (ex ORTF, NDLR) de l’ingénieur Pierre Schaeffer. Le compositeur Iannis Xenakis a une place de choix en tant que précurseur dans la recherche musicale. Un autre monde s’ouvre pour les amoureux de cette période et la naissance de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) fondé en 1977 par Pierre Boulez. “La musique électronique et la musique ancienne sont deux entités qui se fondent bien ensemble. Au musée de la Musique, nous sommes très sensibles à la promotion des musiques actuelles”, poursuit Marie-Pauline Martin. Quant au studio Pierre-Henry, autre temple du musée, il accueille les appareils de travail du célèbre compositeur, disparu en 2017, issu de son propre studio Son/Ré.

Les 100 Trésors du Musée de la musique est un parfait complément au musée de la Musique, en attendant, on l’espère, sa réouverture.

Laurent Bayle et Sabrina Valy, Échos : 100 trésors du Musée de la musique, Éditions de la Philharmonie, Musée de la musique, 2020.