BD : Quand Ludwig devient Beethoven

BANDE-DESSINÉE – Mikaël Ross publie ce jeudi chez Dargaud, Ludwig et Beethoven, un roman graphique tragique et bouillonnant, sur les premières années du compositeur.

Ludwig van Beethoven a toujours été un génie. Dans son nouveau roman graphique, le dessinateur allemand Mikaël Ross raconte, entre documentaire et fiction, les premières années du jeune « Luddi », dans le Bonn des années 1780. 

Son père, musicien modeste, alcoolique et endetté, a parié grand sur l’avenir de son fils prodige, si seulement il se contentait d’exécuter les notes inscrites sur les partitions de Mozart et de cesser tout son « barduf » musical. Ludwig, atteint de violents maux de ventre et de moqueries de la part des autres enfants, exprime toute sa colère et son désarroi dans le piano car « la musique amasse la saleté du monde et l’emporte loin », explique t-il.

À LIRE ÉGALEMENT : « Sur les traces de Bach : Cantagrel chasse les fake news »
Avant Haydn

D’abord pris en charge par Tobias Pfeiffer, qui décèle en lui son immense talent de composition, c’est sa rencontre avec la famille von Breuning qui conduit Beethoven jusqu’au comte Ferdinand von Waldstein, puis finalement Joseph Haydn, en 1792.

Au fil des pages, le dessinateur Mikaël Ross, qui a suivi dans une précédente vie une formation de tailleur à l’Opéra de Munich, raconte l’enfance du compositeur et son entrée dans l’âge adulte, avec un trait bouillonnant et presque colérique, au fil d’un récit torturé et drôle, qui nous rappelle les jeunes héros de la littérature de Dickens, Oliver Twist ou Pip des Grandes Espérances

Ce riche travail documentaire, dans lequel la musique imprègne chaque page, raconte les premiers pas d’un compositeur empreint de dualité : un enfant naïf mais torturé par ses problèmes de santé, un adolescent rêveur mais cynique, puis, un jeune compositeur amoureux mais complètement terrorisé.

Pourquoi on aime ?
  • Pour la mise en scène de l’enfance de Beethov, des rues sales de Bonn aux grandes demeures de Vienne
  • Pour le graphisme coloré composé de visages caricaturaux et pour les traits d’humour (noir) qui habitent le récit
C’est pour qui ?
  • Pour les fans de romans graphiques qui ne verront pas le temps passer
  • Pour les amateurs de traits expressifs, un coup de crayon qui nous fait penser à Joann Sfar…
  • Pour ceux qui aiment le troisième mouvement (Allegretto) de la Sonate n°17 en Ré mineur de Beethoven… La Tempête ! Évidemment.

Mikaël ROSS, Ludwig et Beethoven, Dargaud. 2021, 196 pages