Kaija Saariaho © Jean-Louis Fernandez

FESTIVAL – Dans un monde musical en plein doute, la programmation foisonnante et ambitieuse de l’édition 2021 du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence fait rêver. Classique mais pas has been couvrira dans les grandes largeurs l’évènement. Mais d’abord, un point sur la programmation et sur l’impact du Covid-19 sur le déroulé des festivités.

Billet, masque et QR code

L’incroyable richesse de sa programmation 2021 frappe les fidèles du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence. Serait-elle le fait de la nouvelle direction de Pierre Audi ? Pas seulement… Son calendrier très serré a dû faire de la place à deux spectacles prévus en 2020, des créations mondiales sèchement annulées le 15 avril de l’an 1 du Covid et reprogrammées cette année.

L’exploit qui attend les équipes techniques et d’accueil, déjà héroïques en temps normal, fait frémir : enchaîner huit spectacles dans les quatre salles du festival. Une pensée pour celles de l’Archevêché, dont les mythiques plaids rouges verront défiler trois opéras différents. Une certitude : ça va bouchonner en coulisses… 

Le théâtre de l’Archevêché, lieu de beaucoup de créations majeures du festival d’Aix-en-Provence ces dernières années.

En salle en revanche, la charte Covid-19 (validée par le CHU d’Aix-en-Provence) promet une fluidité accrue des circulations pour éviter les contaminations, en plus de l’obligation de port du masque. Sur cette page, on apprend également que pour accéder à la salle, il faudra montrer patte blanche. Décrit par le ministre du Numérique en conférence de presse, le pass sanitaire fait son entrée dans nos mœurs de spectateurs. Au-dessus de 1 000 places, il faudra avoir été vacciné ou testé négatif pour s’asseoir à son fauteuil. Sous forme d’attestation téléchargée en ligne ou de QR code sur le téléphone, ce nouveau sésame sera demandé à l’entrée des lieux.

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Des créations à tout prix

Depuis soixante-treize ans, le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence est installé comme un rendez-vous incontournable de la création lyrique, en France comme à l’étranger. Cette identité de précurseur s’est vérifiée ces dernières années avec Le Songe d’une nuit d’été par Robert Carsen ou le Requiem de Mozart par Romeo Castellucci entre autres.

La ligne est conservée en 2021 ! Au programme, on scrutera Les Noces de Figaro de Mozart et de la metteuse en scène Lotte de Beer annoncées comme une réflexion sur les rapports entre les genres, on ne s’endormira pas devant les 4h40 d’un Tristan et Isolde de Wagner qui fait son entrée en fanfare au répertoire d’Aix avec une direction trois étoiles de Sir Simon Rattle, et on plaidera coupable du vilain défaut de curiosité pour Innocence de la Finlandaise Kaija Saariaho, dirigé par sa compatriote Susanna Mälkki. Cet opéra/thriller 100% scandinave façon Millenium interroge notre rapport à l’oubli et au refoulé, à l’époque de #MeToo. Le programme en détail est bien sûr à découvrir en ligne.

Innocence de la compositrice filandaise Kaija Saariaho, un thriller cinématographique qui promet beaucoup.
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Ajoutons à ça le désormais traditionnel Aix en juin et ses conférences, ses rencontres, ses petites formes… de quoi faire du Festival une fête magnifique, dont nous attendrons beaucoup. Car plus que jamais, le spectacle y sera vivant.