Bliss : l’album intime de Riopy

ENTRETIEN – Le pianiste néo-classique aux frontières du jazz cumule près de 200 millions d’écoutes sur les plateformes de streaming. Ce frenchy méconnu du public français sort ce vendredi 2 juillet son troisième album Bliss.

Jean-Philippe Rio-Py a déjà touché son public à l’international à travers le cinéma, la télévision ou la publicité. On retrouve ses compositions dans les bandes-originales des films The Danish Girl, Jimmy’s Hall ou The Sense of an Ending. Pour la publicité, il a notamment collaboré avec Armani, Bentley, Samsung, Mercedes et Ikea.

En 2017, Riopy signe chez Warner Classics. Son troisième opus, Bliss, s’impose comme un journal intime musical. Classique mais pas has been est un des rares médias à avoir rencontré Riopy. Un vrai moment d’écoute, de partage et d’échange sur la musique.

Vous cumulez 200 millions d’écoutes sur les plateformes de streaming, c’est impressionnant. Heureux ?

Riopy : Je pense avoir de la chance, beaucoup de chance ! Le public a l’air d’apprécier ma musique et je m’en réjouis. Aujourd’hui je peux vivre de mon métier, de ma passion et ceci me rend vraiment heureux. Le piano représente beaucoup de choses pour moi. Jouer du piano est un besoin physique et mental. Il me permet de canaliser mes émotions et à me transporter dans un état de douce béatitude.

Vous êtes compositeur et pianiste autodidacte. Comment définissez-vous votre musique ?

Il m’est assez difficile de définir précisément mon style musical. J’ai justement fait le choix de partir en Angleterre pour éviter d’avoir à me définir dans un style précis, une vision académique typiquement française… Je vais utiliser un clavier de 88 touches comme tous les pianistes, le reste étant mon ADN musical, mes caractéristiques propres. Mon style est de toute manière reconnaissable dans mes trois albums.

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Dans ce nouvel album, vos compositions évoquent votre paternité, vos rapports aux autres, à la nature… Bliss est-il un journal intime ?

Absolument ! Ce disque représente beaucoup d’étapes de ma vie. Il permet de ressentir mes émotions et mes sentiments, mais je reste dans l’optique d’écrire une musique profonde. Qui plus est, il est dédié à Noah, mon fils. Pour l’histoire, j’étais en train de pianoter et je l’ai vu marcher jusqu’à moi, comme attiré par le son du piano… Cela peut sembler niais, mais j’ai été profondément touché alors j’ai décidé de lui dédier cet album.

J’ai fait le choix de partir en Angleterre pour éviter d’avoir à me définir dans un style précis, une vision académique typiquement française…

Votre pratique de la méditation et votre intérêt pour les neurosciences influencent-elles la composition ?

Bien-sûr. Je compose dans l’idée d’éprouver de la sérénité et le public le ressent… Certains y trouvent des vertus thérapeutiques, d’autres relaxantes. La préparation en amont, entre la méditation et la relaxation, jouent un rôle essentiel dans mon état d’esprit au moment où je compose. Les idées musicales me viennent sur l’instant, en jouant et je ne pense à rien d’autre qu’à ce que je suis en train de produire. Pour l’anecdote, j’ai jeûné pendant près d’une semaine avant d’écrire cet album afin de me vider de toutes les mauvaises ondes et d’être dans le meilleur état d’esprit possible.

La préparation en amont, entre la méditation et la relaxation, jouent un rôle essentiel dans mon état d’esprit au moment où je compose.

Pourquoi on aime ?
  • Pour le choix d’une musique d’une belle simplicité.
  • Pour la beauté naturelle qui émane des mélodies de Rio-Py.
  • Pour cette incitation à la méditation, au calme et à la sérénité.
  • Pour l’atmosphère suspendue ou mystique de certaines compositions.
  • Car c’est le bon terrain d’entente avec des amis qui n’aiment pas le classique.
C’est pour qui ?
  • Aux aficionados des musiques de film de Ludovico Einaudi ou Hans Zimmer.
  • Aux amateurs de musique néo-classique avec un accent minimaliste proche de celui de Phillip Glass.
  • À ceux qui veulent s’évader l’instant d’un album.
  • A ceux qui révisent leur rattrapage.
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