La playlist classique de Vanessa Benelli Mosell, pianiste

PLAYLIST – À l’image de son dernier album, Casta Diva, la playlist de Vanessa Benelli Mosell est une déclaration d’amour à ses racines toscanes. Le 1er aout la pianiste et chef d’orchestre fera entendre le programme de ce disque au piano lors du festival 1001 Notes.

La pianiste italienne est une grande militante de la musique moderne et contemporaine. Son dernier album, Casta Diva, réunit les plus belles transcriptions pour piano des grands airs de l’opéra Italien. Après avoir enregistré la musique de Maurice Ravel, Claude Debussy et Karlheinz Stockhausen, Vanessa Benelli Mosell fait résonner ses racines latines, et son amour pour le “bel canto”. Elle se produira en concert le 1er aout avec le programme du disque, pour la première fois, au festival 1001 Notes.

Mais laissons-lui la parole…

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Georges BIZET – Carmen, duo final

“J’ai regardé cette vidéo beaucoup de fois… C’est mon interprétation préférée du final de CarmenCarmen est le premier opéra que j’ai chanté dans le Chœur de voix blanches. J’avais 5 ans, et cette œuvre m’a marquée à jamais. À chaque fois que je l’entends, j’ai toujours des frissons. Cette interprétation me bouleverse en particulier car la Berganza maintient sa vitalité jusqu’à son dernier souffle. Elle a son petit rire, se moque de Don José, le ridiculise jusqu’à la fin et cela augmente la tension et l’instinct de meurtre en lui. Ça touche aussi un thème très délicat et toujours actuel : le féminicide. 

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Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKI – Concerto pour violon en Ré majeur, Op. 35

J’aime beaucoup cette interprétation du concerto de Tchaïkovski par le grand violoniste Itzhak Perlman. Encore plus car elle a été donnée dans la grande salle du conservatoire de Moscou, un lieu pour lequel j’ai une grande affection, puisque j’y ai fait mes études. J’adore les concertos pour violon et aussi celui pour piano no. 1 de Tchaïkovski que je vais d’ailleurs interpréter avec le Royal Philharmonic de Londres, le 13 octobre prochain à la Cadogan Hall.

Gioachino ROSSINI – Le Barbier de Séville, Largo al factotum

C’est cette version de Léo Nucci que j’ai écoutée pour m’inspirer dans mon interprétation de la transcription pour piano de Largo al factotum, de Grigory Ginzburg. Je la préfère car la difficulté de cette œuvre est de se faire comprendre dans le significat des mots. L’articulation des mots est très difficile. Je trouve que dans la version de Léo Nucci, qui est Italien, tous les mots sont très clairs. Et c’est un moment très émouvant car c’est joué en bis, après la forte demande du public. Fantastique !

Anton BRUCKNER, Symphonie no. 4 en Mi Bémol majeur

Je viens de diriger cette symphonie à Leipzig. Ici, Claudio Abbado est au sommet de son charisme et de sa magie. J’aime beaucoup ses gestes, il est très souple, et il laisse jouer les musiciens. Cette symphonie est peut-être ma favorite de Bruckner. 

Ludwig van BEETHOVEN, Symphonie no. 7

À propos de laisser jouer les musiciens… Voici le chef qui a changé pour toujours l’art de la direction d’orchestre : Carlos Kleiber. Ici, on assiste à une interprétation historique. Carlos Kleiber a toute sa force, son énergie en lui, et il n’a pas besoin de l’extérioriser dans la façon traditionnelle. Il révolutionne la communication du geste, et c’est aussi inimitable.

Vincenzo BELLINI, Norma, Casta Diva

Cette interprétation de Norma par Maria Callas me bouleverse. C’est elle-même qui m’a inspirée l’album Casta Diva. La Callas n’est plus toute jeune et elle s’est définitivement appropriée cette œuvre pour l’éternité.”

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