© RAHI REZVANI

FESTIVAL – Le Festival International de documentaires musicaux de Bordeaux, Musical Écran, est de retour pour une 7e édition, du 5 au 12 septembre. Parmi les temps forts du festival, la présentation en avant-première française de Max Richter’s Sleep, documentaire de Natalie Johns qui revient sur la performance colossale du compositeur allemand, inspirée des Variations Goldberg de Bach.

Cette année, le festival Musical Écran, organisé par l’association Bordeaux Rock et le cinéma d’art et d’essai Utopia Saint-Siméon, propose huit jours de cinéma et de musique dans différents lieux culturels de la ville, comme la Cour Mably, la bibliothèque de Bordeaux Mériadeck et le musée d’Aquitaine… Cette 7e édition propose à voir une trentaine de documentaires musicaux, dont huit en compétition et onze avant-premières françaises.

La présentation du documentaire Max Richter’s Sleep, achèvera dimanche 12 septembre une semaine de festival.

Réalisé par Natalie Johns en 2019, le documentaire retrace le projet live et audacieux de l’album Sleep (2015) de Max Richter. Le compositeur néo-classique, né en 1966 en Allemagne, est l’un des plus écoutés au monde : parmi les 25 albums les plus écoutés en France dans la catégorie classique cette semaine, quatre sont signés de Max Richter (source : Snep).

Une performance titanesque

Tout part d’une expérience un peu folle : écouter de la musique fusionnant le classique et l’ambiant le tout en étant allongé sur un lit de camp pendant huit heures d’affilée. À travers le documentaire Max Richter’s Sleep, Natalie Johns revient sur cette performance inédite donnée dans 18 lieux aux quatre coins du monde (Paris, Londres, Sydney, Berlin, Los Angeles…).

La réalisatrice explore également le processus de création du compositeur et de sa compagne Yulia Mahr. Ils ont ensemble imaginé ce concert hors du commun au cours duquel le public traverse les 204 mouvements qui composent l’album Sleep allongé sur des lits de camp.

Nuit musicale sur lits de camp

Accompagné sur scène de l’ensemble ACME (American Contemporary Music Ensemble) et de la soprano britannique Grace Davidson, Max Richter offre aux spectateurs une nuit musicale à la fois collective et personnelle. Piano, violon, violoncelle, voix et sons à basses fréquences bercent les centaines de personnes du crépuscule jusqu’au lever du soleil. Cette performance colossale inspirée des Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach et des travaux du mouvement fluxus dans les années 1960, est le résultat de deux années de travail.

Max Richter’s Sleep © Rahi Rezvani

L’objectif de ce concert est de mieux comprendre comment la musique est perçue selon l’état de conscience de l’auditeur. Max Richter et Yulia Mahr invitent à se déconnecter de notre époque frénétique et à explorer notre rapport au sommeil, moment suspendu où notre esprit n’est plus vraiment le nôtre.

À travers le documentaire, le compositeur explique qu’il ne souhaite pas s’adresser à un public d’une centaine de personnes toutes spécialistes de musique classique. Au contraire, bien que Sleep soit une œuvre titanesque, il fait le choix de s’adresser au public dans un langage musical simple, spontané et direct pour se connecter au plus grand nombre.

À défaut d’être allongé sur un lit de camp avec votre oreiller préféré, Musical Écran vous permet non seulement de découvrir le processus de création du compositeur, mais aussi de rêver (ou de faire une introspection) en écoutant certains mouvements de Sleep… dans la pénombre d’une salle de cinéma. Bordeaux, connue comme “la belle endormie” n’aura sûrement jamais aussi bien porté son nom…

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Nous vous recommandons d’autres documentaires sur la composition et l’expérimentation à retrouver lors du festival Musical Écran du 5 septembre au 12 septembre à Bordeaux : A Symphonie of Noise (le 6 septembre), In a Silent Way (le 7 septembre) et Sisters with transistors (le 9 septembre).

Toutes les informations sur le site : http://www.bordeauxrock.com/festival-musical-ecran/ et billetterie.