© Julien Benhamou

Lea Desandre en Amazone : la grâce et l’agilité

DISQUE – On savait la mezzo-soprano Lea Desandre douée et prometteuse. Son premier disque sous son nom en est la confirmation éclatante.

Il y a quelques mois, Lea Desandre rédigeait une playlist pour les lecteurs de Classique mais pas has been. Une playlist au goût sûr et éclectique, avec une grande intelligence de cœur et de vie et une belle maturité pour une jeune femme de son âge. Nul doute, elle irait loin.. Avec son disque Amazone, paru en septembre chez Warner/Erato, elle fait carrément un bond de géant et vient, tout en détente, s’installer dans la cour des grands.

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Dans un répertoire baroque consacré à ces mythiques femmes guerrières, sa voix se fait tour à tour câline, féline, feutrée, sauvage et espiègle, avec une aisance technique ébouriffante. L’amazone, figure de la guerrière décrite par Homère dans l’Iliade, est souvent mise en musique à l’époque baroque. On découvre dans ce disque des partitions signées Viviani, Philidor, Destouches, De Bottis…, en français comme en italien. Libérée et en confiance, Lea Desandre laisse exploser son talent, tant dans le relief du texte que dans le cristallin de ses vocalises.

Celle qui dit avoir eu envie de « chanter l’opéra » après avoir entendu Natalie Dessay peut prétendre sans rougir reprendre l’héritage de… Cecilia Bartoli ! Cecilia Bartoli qui vient d’ailleurs lui donner la réplique dans une des plus belles plages du disque, le duo Io piango – Io peno, de Giuseppe De Bottis.

Mais l’intense jubilation qui se dégage du disque ne serait rien sans les musiciens présents. Mené par le luthiste Thomas Dunford, l’ensemble Jupiter irradie la joie, l’enthousiasme et la haute maîtrise de ce répertoire.

Lea Desandre laisse exploser son talent, tant dans le relief du texte que dans le cristallin de ses vocalises.

Formés dans la serre à talents des Arts florissants de William Christie, ces jeunes pousses prometteuses (dont le claveciniste Jean Rondeau et le violoniste Theotime Langlois de Swarte) sont devenues des plantes épanouies, dont la plus belle est sans conteste la mezzo-soprano Lea Desandre.

Pourquoi on aime
  • Pour les rythmes endiablés, souvent hispanisants, d’une réjouissante précision
  • Pour les contrastes d’émotion, presque slaves !
  • Pour le portrait d’une femme libérée, sûre d’elle et de sa féminité, que nous brosse Lea Desandre, via ce répertoire lyrique consacré aux amazones.
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