Geneviève Laurenceau : du Saint-Säens dans le texte

DISQUE – Geneviève Laurenceau rend hommage à Camille Saint-Saëns, dont cette année 2021 marque le centenaire de la disparition. Un disque inspiré et sensible paru le 10 septembre chez Naïve, à la découverte de quelques raretés du répertoire.

Elle est l’une de nos grandes interprètes, et l’une des plus ferventes défenseuses du répertoire français. On aurait pas pu concevoir qu’en cette année du centenaire de la disparition de Camille Saint-Saëns, Geneviève Laurenceau reste silencieuse, laissant un.e autre violoniste lui voler l’hommage ! 

Geneviève Laurenceau - Saint-Saëns
Geneviève Laurenceau rend hommage à son St-Säens.

C’est chose faite avec l’enregistrement qu’elle et l’Orchestre de Picardie sous la direction de Benjamin Lévy, livrent cet automne. Sobrement appelé Saint-Säens, le disque se présente sous la forme d’une compilation de pièces originales du célèbre compositeur, pour la plupart oubliées des programmes des grands orchestres.

En témoigne la présence du moins joué des concertos du grand Camille : le Concerto pour violon et orchestre n°1 en La majeur. Cette pièce au format court est une œuvre de jeunesse où l’on sent déjà poindre le style flamboyant et lumineux d’un homme qui a traversé tant de courants dans sa longue vie, mais qui n’a jamais perdu son cap. 

Une constance servie avec passion par Geneviève Laurenceau. “Le répertoire français est ma langue maternelle musicale”, confie-t-elle dans le texte du livret. Une chose est sûre : elle le parle couramment, et ça se sent.

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Mais quel programmateur ne ferait pas de cette œuvre concertante pour violon et violoncelle une pièce maîtresse de concert ? Un dialogue éloquent et limpide qui décrit les atermoiements et le conflit intérieur qui habite un auteur devant ses premières lignes. Quiconque a un jour éprouvé l’angoisse de la page blanche se reconnaîtra…

C’est pour qui ?

Les amoureux de Saint-Säens peuvent se réjouir de cet hommage sincère à leur chouchou, et ils peuvent être heureux de compter parmi eux une violoniste aussi dévouée que Geneviève Laurenceau.

Pourquoi on aime ?

  • Pour le choix des pièces qui balaye sans longueur près de soixante de la carrière d’un de nos plus prolifiques compositeurs.
  • Pour la passion qui anime Geneviève Laurenceau. Son violon ne triche pas, et ça se sent.
  • Pour le plaisir rafraîchissant d’entendre autre chose que le concerto n°3 quand un violoniste joue Saint-Säens…