Florence Price
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DISQUE – L’Orchestre de Philadelphie, dirigé par le chef canadien Yannick Nézet-Séguin, consacre un nouvel enregistrement à la compositrice noire-américaine Florence Price, disparue en 1953.

En tout points, Florence Price (1887-1953) était exceptionnelle. Concertiste à 4 ans, compositrice publiée à 11, organiste à 14, enseignante à 17… Elle était aussi une pionnière : en juin 1933, sa Symphonie no. 1 en mi mineur, est jouée par l’Orchestre symphonique de Chicago sous la direction de Frederick Stock. La compositrice devient ainsi la première femme noire-américaine dont on joue une œuvre dans un orchestre aussi reconnu.

Femme noire

« Il flottait ce soir là dans l’air un sentiment d’émerveillement, tandis que l’Orchestre symphonique de Chicago, jouait au rythme des beaux et harmonieux accords d’une compositrice de couleur. Le grand auditorium raisonnait des applaudissements rempli de passionnés de la musique de toutes les origines », raconte le lendemain du concert Robert S. Abbot, fondateur du journal hebdomadaire afro-américain Chicago Defender.

La suite… l’histoire se répète, encore et toujours. De la carrière de Florence Price, on repense à celle de Fernande Decruck : la compositrice mène surtout une carrière de pédagogue et à sa mort, à 66 ans, de nombreuses partitions tombent dans l’oubli. Parmi les œuvres composées, environ 300, on retrouve aussi des pièces pour piano, orgue, quintette, violon, chant…

OÙ SONT LES COMPOSITRICES ? NOTRE DOSSIER

Grand mozartien, le prolifique chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin, a enregistré au disque (uniquement diffusé sur les plateformes d’écoute) aux côtés de l’Orchestre de Philadelphie, les symphonies nos. 1 et 3 de Florence Price, ses œuvres les plus connues (comprenez : elles ont été enregistrées avant cela… trois fois). Connu en travers le monde, notamment pour ses engagements dans la lutte contre les discriminations raciales ou de genre, c’est la première fois qu’il enregistre au disque des œuvres de compositrice.

Dvořák

Florence Price était une immense admiratrice d’Antonín Dvořák, et ses deux symphonies sont marquées de l’empreinte du compositeur tchèque. Musique imagée, grande place faite aux instruments à cuivres, répétition de thèmes… La musique symphonique de Florence Price révèle assurément, une grande ambition et un grand talent. L’expression d’un rêve américain tel qu’on l’imagine chez nous.

Très peu connue et quasiment pas jouée ces dernières années, Florence Prince a été élevée en sorte d’icône, dans la lignée du mouvement Black Lives Matter. La compositrice jusque-là ignorée, (« un oiseau en cage », pour reprendre le titre d’un documentaire qui lui est consacré) est-elle de nouveau devenue digne d’intérêt pour les grandes orchestres ? Peu importe finalement des raisons pour lesquelles on joue ses œuvres, l’important étant qu’on les joue.

L’enregistrement de l’intégrale des quatre symphonies par l’Orchestre de Philadelphie devrait aussi aboutir à un disque, physique cette fois.

C’est pour qui ?
  • Les amateurs des musiques symphoniques américaines : Anna Clyne, Amy Beach. Antonín Dvořák aussi.
  • Ceux qui aiment découvrir un répertoire peu joué
  • Les amoureux des cuivres, de Fantasia et des musiques qui racontent des aventures
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