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UN STRADIVARIUS POUR BERNARD MAGREZ


REPORTAGE – L’homme aux trente-cinq vignobles dans le monde, Bernard Magrez a acquis un stradivarius. Il profitera entre autres à Matthieu Arama, concertmaster de l’ONBA.

Il n’ose imaginer ce qu’il aurait fait si sa surprise n’avait pas été prête à temps. Le 15 avril Bernard Magnez recevait une centaine de négociants lors d’un déjeuner au château Fombrauge, grand cru de Saint-Emilion. Après la dégustation et avant le déjeuner étoilé, l’homme aux trente-cinq châteaux dans le monde a dévoilé la dernière acquisition de son Institut culturel, pierre angulaire de ses actions de mécénat : un violon Stradivarius. Joué ce jour-là par Jennifer Gilbert, violon solo et supersoliste à l’Orchestre national de Lyon, l’instrument a été produit entre 1700 et 1720, durant « l’âge d’or » du plus célèbre des luthiers, Antonio Stradivari (1644-1737). Ce violon n’avait pas de surnom, cas relativement rare parmi les 650 pièces actuellement recensées.

Entre 2 et 3 millions d’euros

Cette surprise, Bernard Magrez l’avait préparée depuis plusieurs mois. « Nous avons pris contact avec le luthier lyonnais Jean-Frédéric Schmitt, expert en la matière, explique le propriétaire de grands vignobles. Il nous a demandé quatre mois pour trouver un violon. Il en a trouvé deux à Londres, nous les avons testés à l’Auditorium de Lyon. Nous avons pris celui dont la sonorité était la plus belle, forcément le plus cher, soit entre 2 et 3 millions d’euros!»

Pour ce qui est de la musique, l’Institut culturel a deux objectifs. En premier lieu, l’accueil en résidence de jeunes musiciens, qui se produiront à Fombrauge dans le cadre des Grandes heures de Saint-Emilion. L’autre objectif est de prêter ce Stradivarius à des violonistes déjà confirmés « afin de que leur talent puisse s’exprimer plus largement », explique le mécène.

L’un des heureux élus est Matthieu Arama, supersoliste et concertmaster de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Outre ses qualités artistiques, ce dernier remplit les conditions de l’Institut : « en échange du prêt ponctuel du stradivarius, le violoniste doit se produire dans des salles de notre choix comme à Hong-Kong, Shanghai et New York, des villes où nous voulons offrir des concerts à la clientèle de nos grands crus classés », poursuit Magrez.

Le 29 avril prochain, pour l’inauguration officielle de l’Institut culturel Bernard Magrez, au château Pape Clément, à Pessac, Matthieu Arama jouera le stradivarius. Un instrument qui portera le nom de «Château Fombrauge».

Photo : Bernard Magrez©Laurent Theillet

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