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OPHÉLIE GAILLARD : BACH, INVITATION AU VOYAGE

INTERVIEW – En tournée à l’occasion de la sortie de son enregistrement des Suites pour violoncelle seul de Bach, Ophélie Gaillard a fait une étape bordelaise. Un très beau concert à l’abbatiale Sainte-Croix où l’auditeur, en l’écoutant les yeux fermés, se sentait comme un voyageur assis dans un train qui voit défiler devant lui de nombreux paysages.Rencontre.

Vous avez publié deux enregistrements des Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach, en 2000 et cette année, et vous n’avez jamais cessé de les jouer. Pourquoi?
Ophélie Gaillard : Les jouer et les réécouter c’est partir pour un grand voyage. D’une suite à l’autre, on est transporté dans des univers très différents. Et la tournée m’enchante ! Aller à la rencontre des publics différents avec ce programme est une expérience magique. Seule sur scène je suis très réceptive aux sentiments du public. Les Suites impliquent autant l’auditeur que le musicien. Ce n’est pas le cas de toutes les partitions. C’est une communion.

Quels changements en onze ans?
O.G. : La différence est d’abord dans le violoncelle, un magnifique Goffriler de 1737 ! Je le joue depuis 4-5 ans. Sa qualité sonore m’a ouvert de grandes perspectives et touchait particulièrement les spectateurs des récitals. Leurs commentaires ont convaincu l’éditeur (Aparté) d’un réenregistrement de l’intégrale. Aujourd’hui quand je réécoute le premier disque, je ne m’y reconnais pas vraiment. C’est comme s’il s’agissait d’une vieille photo !

Ressentez-vous, comme d’autres, la dimension mystique de ces Suites?
O.G. : Elles sont mystérieuses notamment car l’écriture d’un cycle d’une telle ampleur pour violoncelle seul a quelque chose d’improbable, d’inédit pour l’époque. Bach utilise des formules mélodiques, des accords qu’il a composés pour ses œuvres religieuses, mais pour moi les Suites restent une œuvre profane, une série de danses. Je ne parlerais pas de dimension religieuse, mais de sacré, certainement.

Article paru dans Sud Ouest édition Gironde du 25 mai 2011.

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