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LES STARS DU CLASSIQUE PRENNENT L’AIR DE VERBIER

REPORTAGE – La station suisse de Verbier rassemble chaque été les plus grands interprètes de la musique classique dans une ambiance si particulière qu’elle a fait de son Festival un mythe.

Une station de ski en Suisse où se retrouvent une fois par an les grands de ce monde : cela pourrait être Davos où grands patrons et chefs d’Etats discutent de l’avenir économique mondial… mais c’est aussi Verbier et son festival de musique classique. Martha Argerich, Nelson Freire, Renaud et Gautier Capuçon, Kiri Te Kanawa… la crème de la crème grimpe pendant la deuxième moitié de juillet au cœur d’un paysage grandiose du pays du St-Bernard, dans le Canton du Valais.
Créé en 1993, le festival de Verbier est un mystère. Dans les rues, pas de doute, nous sommes dans une station jet set : les épouses des banquiers zurichois sortent de la boutique Moncler et Rolex est sponsor officiel de l’événement. Les concerts pourtant ne sont en rien guindés. En sortant de l’Eglise où elle a donné un récital, la pianiste Yuja Wang, star montante, garde sa robe longue rouge et ses talons pour boire une bière avec ses fans. Dans la grande salle des Combins, un hangar préfabriqué où l’acoustique a été préférée au design, le chef britannique Daniel Harding, surpris par un orage tonitruant, s’arrête de jouer Britten, hilare. Et les 10 000 randonneurs qui viennent à la station l’été s’arrêtent de marcher pour assister aux concerts gratuits, aux master classes et aux répétitions, toutes ouvertes au public.

L’ambiance, telle est la clef du mythe. Si dans la plupart des festivals, ces illustres artistes ne font que passer, à Verbier ils s’installent. «Ces quinze jours sont les rares moments où l’on se retrouve tous en dehors de nos plannings de fous, témoigne le violoncelliste français Gautier Capuçon dont l’agenda est plein jusqu’en 2015. Cette année, je viens avec ma femme et ma fille, comme en vacances, même si j’ai un concert tous les jours ! ». L’artiste à Verbier est plus que chouchouté. L’organisation du festival, réglée comme une montre suisse, prévoit tout, jusqu’aux temps libres entre deux répétitions. «Nous leur remplissons même le frigidaire, mais leur cachet est modeste. Pour des artistes de renommée internationale, c’est de l’argent de poche. Aucun ne vient ici pour l’argent», explique Martin Engstroem, directeur du festival.

La magie du festival tient certainement à ce Suédois humble et charmant. Ancien directeur du label Deutsche Grammophon et agent, il sait créer l’émulation : «chaque concert doit être un évènement, pas une redite d’un programme parisien ou new-yorkais. La philosophie est de mélanger des grandes vedettes à des inconnus. Je connais les artistes, leurs faiblesses et leurs forces, et quel défi les stimulera : une œuvre inconnue ou un collègue avec lequel il n’a jamais joué», explique-t-il. «Martin a des idées absolument surprenantes, géniales parfois, confirme Gautier Capuçon. Il a un respect immense pour les musiciens et une connaissance dingue du répertoire. Les rencontres qu’il initie aboutissent parfois à des projets communs. Pour moi, ce fut cette tournée américaine avec le pianiste légendaire Menahem Pressler.»
Si Martin soigne ses stars, il reste mobilisé pour les grands musiciens de demain via une Académie et un orchestre de jeunes. Repéré par Daniel Barenboïm, le jeune pianiste français David Kadouch a participé à l’Académie : «j’ai passé un mois à écouter tous les plus grands artistes, pas seulement les pianistes. J’ai beaucoup réfléchi et – j’espère – évolué suite à ces concerts ! Verbier est le plus beau festival d’Europe, il allie prestige, intimité, atmosphère unique. C’est un pèlerinage.»

Le petit village suisse se transforme pendant quinze jours en un grand forum professionnel du classique, grâce auquel un jeune pourra être entendu par des directeurs d’opéras, des directeurs de labels, rencontrer des journalistes, se faire prêter un bel instrument par une fondation ou trouver des fonds pour ses études. Les jeunes musiciens, dont certains occupent des postes importants dans les orchestres du monde, affluent: un millier postule chaque année pour intégrer le Verbier Festival Orchestra. Seule une quarantaine d’instrumentistes entre 17 et 29 ans seront sélectionnés puis encadrés par des musiciens du Metropolitan Opera de New York et par le maestro suisse Charles Dutoit. Pendant le festival, ils seront dirigés tour à tour par de très grands chefs (Valery Gergiev, Daniel Harding, Yuri Termikanov, etc.), qui viennent prendre, au contact de cette jeunesse, une bouffée d’oxygène.

Une grande famille en somme où toutes les générations se côtoient, et qui s’agrandit : « Mon plus beau souvenir de Verbier, témoigne Gautier Capuçon, reste l’année où j’ai annulé mes concerts car ma fille était sur le point de naître. Martin me téléphonait tous les jours : «alors ca vient ?». Je suis venu faire le dernier concert, euphorique d’être papa. »

Verbier festival, du 15 au 31 juillet.
Les concerts de Verbier sont retransmis gratuitement sur//fr.medici.tv/
Pour organiser votre séjour : www.verbier-st-bernard.ch
Photos©S.Garnier

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