L’EIC et trente ans de contemporain 2007_03_17_0112_EIC_copyright-A.Warme-Janville Full view

L’EIC et trente ans de contemporain

CONCERT – Après Paris, l’ensemble Intercontemporain donne à l’auditorium de Bordeaux un concert sous la directrion de Alejo Pérez.

Que compose-t-on en France depuis trente ans ? Le concert de l’Ensemble Intercontemporain, le grand expert de la musique savante de l’après seconde Guerre-mondiale – vient répondre à cette question avec quatre œuvres composées entre 1978 et 2009, sous la direction de Alejo Pérez. « Le fil conducteur de ce programme est qu’il est exclusivement français, explique Hervé Boutry, directeur de l’Ensemble qui a encore à l’oreille ce programme donné samedi à la Cité de la Musique à Paris. Comme souvent dans la musique française ces œuvres ont comme point commun le soucis de la couleur. « Modulations pour 33 musiciens », composé en 1978 par Gérard Grisey est un manifeste du spectralisme qui a pour fondement de partir du spectre sonore. La pièce est emblématique du travail sur le son utilisant notamment des intervals plus petits que le demi-ton. » Voilà pour la grande époque de ce mouvement spectral, incontournable dans les années 1970.

Le programme donné à l’auridtoirum ce soir montre cependant comment la musique savante contemporainre ne se découpe pas en mouvements ni en écoles. « Les œuvres les plus récentes sont d’ailleurs les plus chargées en référence à la musique classique, pourquit Hervé Boutry. « Gesänge-Gedanken mit Friedrich Nietzsche » de Philippe Manoury, écrite en 2009 et qui sera donnée pour la première fois en France, est un cycle post-romantique pour instruments et voix (celle de Christina Daletska, mezzo-sorpano, ndrl) qui comporte un extrait de « Ainsi parlait- Zarathoustra » de Richard Strauss et qui fait aussi penser à Malher. Manoury, né en 1952, a longtemps refusé les micro-intervals. Il les utilise pourtant dans cette pièce comme une évidence. »
Représentant de la nouvelle génération, le compositeur Brice Pauset, né en 1965, fait également référence aux formes classiques. « Vita Nova, sérénades » rend hommage à la sérénade en utilisant une mandoline, une guitare et des plectres, outils permettant de pincer les cordes des violons, altos et violoncelles. Entre ces trois œuvres, une petit perle de six minutes, « Dérive 1 pour 6 instruments » signée Pierre Boulez qui, souffrant, a du renoncer à dirigé lui-même l’ensemble qu’il a fondé en 1976.
Hervé Boutry ne cache pas que ce programme exigeant demandera au public une disponibilité d’esprit. « Le concert de deux heures avec un entracte de vingt minutes est une formule de plus en plus difficile à vivre pour des auditeurs fatigués par les transports et la journée de travail. Nous réflechissons à changer ces rêgles car la création doit être portée par des formes nouvelles. A Bordeaux, je suis confiant : j’étais à l’inauguration de l’auditorium et je sais déjà que le concert profitera de l’accoustique généreuse de la nouvelle salle ».
Mardi 19 février, 20 h, Auditorium, 9 cours G. Clemenceau. 8 à 35 €. 05 56 00 85 95.

Photo ©EIC

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