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Thibault Cauvin, gitan moderne

PORTRAIT – Le guitariste a fêté à Bordeaux ses dix ans de carrière.
Il y a dix ans, un jeune Bordelais raflait treize premiers prix de concours internationaux de guitare, un record mondial. Thibault Cauvin (lire son interview ici) commençait alors une vie de concerts, de master-classes et de voyages l’amenant des Etats-Unis à la Chine, en passant par l’Inde et le Brésil. Il faut le voir ce mince jeune homme, tout seul sur scène avec sa guitare et son sourire, parfois devant des milliers de personnes. Combien de guitaristes classiques français ont joué comme lui au Carnegie Hall de New-York ? Et avec le Simón Bolívar Orchestra ? « Une vie de gitan des temps modernes », résume ce guitariste classique dont le succès n’a pas entamé la jovialité et la simplicité.
Ce dixième anniversaire il était ému de le fêter dans sa ville, Bordeaux, « avec les copains ». « En première partie du concert, Thibault Cauvin avait réuni un orchestre de cent guitares, composé notamment d’amis d’enfance, de professeurs, de leurs élèves, de guitaristes électriques et de bassistes. Sous la direction du chef Jonathan Raspiengeas, ils ont joué une pièce composée spécialement par le New-yorkais Stanley Cole. « J’ai rencontré ce musicien à New-York et nous partageons l’envie de rassembler les styles, classiques et modernes.  « From Brooklyn to Bordeaux » évoque la musique répétitive, l’électro et les percussions », explique Thibault Cauvin qui a développé cette philosophie dans une discographie – cinq opus – qui mêle des compositions d’Astor Piazzolla, de son père également guitariste Philippe Cauvin, et de Domenico Scarlatti !
Le choix du programme du concert au théâtre Fémina était dans cette veine : des pièces classiques dont Thibault Cauvin souligne la modernité, l’énergie, le rythme (La « Milonga del angel » et la « Muerte del angel » de Piazzolla), des pièces magnifiques composé par son père ou ses amis rencontrés aux quatre coins du monde (Raga du soir de Sébastien Vachez).
Il aime voir une sensibilité rock dans les sonates du baroque Scarlatti (1685-1757), des œuvres «fraîches, joyeuses, brillantes, légères » selon ses mots. Des adjectifs qui siéent à la personnalité de Thibault Cauvin. Normal que Scarlatti soit le compositeur unique de son sixième disque, à paraître en juin chez Sony.
Vendredi 12 avril, à Bordeaux. www.ThibaultCauvin.com
Article paru dans Sud Ouest.
Photo © Teresa Tam

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