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Vadim Repin : avoir un bon copain pianiste

Vadim Repin © Gela Megrelidze

INTERVIEW – Ce violoniste russe rejoint son ami Boris Berezovsky pour un programme en duo pour le festival l’Esprit du piano. 

Pourquoi, quand il faut parler de piano, toujours interroger des pianistes ? Une fois n’est pas coutume, à l’occasion du Festival l’Esprit du piano, nous avons interrogé le grand violoniste russe Vadim Repin. Il vient à l’auditorium en duo avec son compatriote et ami Boris Berezovsky dans le cadre du festival l’Esprit du piano. Ils interpréteront la sonate de Debussy, un Divertimento de Stravinsky et la grande sonate pour violon et piano de Richard Strauss.

Aimez-vous le piano ?
Vadim Repin : oui, je l’ai même étudié longtemps dans ma ville natale en Sibérie. Les étudiants en musique, quelque soit l’instrument qu’il avait choisi, devaient obligatoirement suivre l’enseignement du piano. J’ai même donné un récital de piano pour l’examen final du cursus. J’ai fait un « vrai » programme avec la sonate « Pathétique » de Beethoven… ce fut mon premier et dernier récital au piano !

Avez-vous hésité entre violon et piano ?
Pas une seconde : le violon était mon choix depuis tout petit. J’ai un respect énorme pour cet instrument mais je le trouve trop tempéré quand le violon est une voix. Et puis son inconvénient est qu’on ne sait pas exactement si c’est un instrument à cordes ou pas (rires).

Regardez-vous la partition piano quand vous travaillez une œuvre en duo ?
Bien sûr. Je connais même la partie piano par cœur. Alors seulement nous pouvons jouer ensemble c’est-à-dire engager un dialogue, une discussion entre nos deux instruments. Il n’y a pas « le » bon pianiste mais une personnalité, car tout se joue dans cette communication avec le partenaire. Il faut que nos battements de cœur soient les plus synchronisés possibles… Il faut trouver quelqu’un qui partage votre vision de la musique, vos sentiments et qui est prêt à développer ces idées musicales avec vous. Le pianiste n’est pas un « accompagnateur », il doit prendre l’initiative de proposer des choses. Boris est un taiseux, mais au piano il parle beaucoup !

Qui a choisi le programme, Boris ou vous ?
Chacun a choisi quelques morceaux, parmi ses préférés. Le mien est la sonate de Debussy (l’unique sonate pour violon et piano du compositeur, ndlr). J’aime sa profondeur, son caractère introverti. Elle est à la fois très poétique et tragique. Boris a choisi la sonate de Richard Strauss qui est comme un concerto, avec ses trois mouvements, et qui aussi difficile pour le violon que pour le piano ! Quant au Divertimento de Stravinsky, nous le jouons ensemble depuis quinze ans… la première fois était à l’occasion d’une tournée en France. Le public le redemande !
Vous êtes tous les deux russes, ca facilite les choses ?
Oui et non ! Oui car nous parlons la même langue mais ce n’est pas une véritable barrière. Je reste persuadé que la musique est la chose la plus internationale qui soit. La question de la culture importe, mais en tant que musiciens on la dépasse… il faut juste avoir assez de sensibilité.

Mardi 18 novembre, 20 h, auditorium. 8 à 35 €. 05 56 00 85 95. Festival L’esprit du piano jusqu’au 21 novembre.

 

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