Nicolas Vaude : Diderot et la musique

Nicolas Vaude est un descendant de Jacques Thibaud.

SPECTACLE – Le comédien joue dans « Le Neveu de Rameau », à voir sur scène mercredi à Biarritz

Le neveu de Jean-Philippe Rameau, grand compositeur du XVIIe siècle, a véritablement existé. Il a vécu dans l’ombre de son génial oncle. Il est mort malheureux, seul et pauvre. « Diderot s’en est inspiré pour écrire un personnage plus fou et plus noir. C’est un musicien raté, un bouffon affirmant que son oncle est un homme odieux, un vieux barbon », explique le comédien Nicolas Vaude.

Actuellement, il incarne donc le personnage-titre dans une adaptation du « Neveu de Rameau », texte satirique du philosophe des Lumières. Ce spectacle a été créé en 2013 au théâtre du Ranelagh à Paris, dans une mise en scène de Jean-Pierre Rumeau. Adapté par Nicolas Vaude lui-même, avec Nicolas Marie et le claveciniste Olivier Baumont, il connaît depuis un large succès.

Itinéraire d’un musicien raté
Dans ce dialogue, Diderot se met lui-même en scène pour donner la réplique à ce caractère envieux. «Aux yeux du neveu, seul l’argent compte. Il est très cynique », poursuit le comédien, qui a découvert le texte au lycée. « Déjà à l’époque, je considérais que le neveu était un musicien raté. Plus tard, je l’ai vu joué par Michel Bouquet, mais cet aspect n’était pas mis en avant. » « Le neveu semble connaître la musique, poursuit Nicolas Vaude. Il mime le violoniste, le chef d’orchestre, il chante, et le philosophe dit qu’il fait tout ceci à la perfection… mais il n’est pas à la hauteur. »

« Cette dimension a résonné en moi : je suis un arrière-petit-fils du violoniste bordelais Jacques Thibaud. Quand j’ai voulu faire de la musique, ma famille m’a fait comprendre qu’il faudrait rivaliser avec la figure d’un immense musicien. J’ai renoncé. » Tant mieux peut-être pour le théâtre, qui a gagné un serviteur doublement amoureux : « Un texte de théâtre chante, c’est une partition. »

À Biarritz, mercredi 17 décembre, 20 h 30, à la Gare du Midi. 22 et 30 €. Tél. 05 59 22 44 66. Le 14 à Rambouillet et au printemps 2015 à Paris.
Article paru dans Sud Ouest, le 16 décembre 2014.

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