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Ce que leur carrière doit à La Folle Journée

Folle journée de Nantes 2016 , cette année le thème est la nature. La contrebassiste Pénélope Poincheval Photo : Marc ROGER Mention obligatoire
La contrebassiste Pénélope Poincheval © M.ROGER

ENQUETE – Leur vocation est né à La Folle Journée de Nantes. Reportage au plus grand festival classique de France.

Chaque jour la foule s’intensifie. Depuis mercredi, la 22ème édition de La Folle Journée de Nantes bat son plein. Le grand rendez-vous de la musique classique s’étend sur cinq folles journées, avec 341 concerts payants, des conférences, des rencontres avec les artistes, des shows gratuits. Plusieurs centaines de milliers de mélomanes se baladeront dans la Cité des Congrès, dont 11 600 enfants de la maternelle au collège. Le thème de cette édition est « la nature » et l’on vient écouter « Les Quatre saisons » de Vivaldi, « Le beau Danube bleu » ou encore « Quatorze manières de décrire la pluie » d’un certain Hanns Eisler, jouées par Raphaël Sévère, 21 ans, le même âge que le festival .

Severe_MattDine2-internetCe prodige de la clarinette est un habitué des lieux. « J’ai grandi ici ! Je suis nantais et mes parents m’y amenaient chaque année. Professeurs de musique, ils se produisaient à La Folle journée et m’ont fait monter sur scène avec eux à 12 ans… Ça s’est très bien passé. Je me suis dit : « si c’est ça la vie de musicien, c’est chouette. » C’est là que la carrière de Raphaël Sévère a pris son envol : le directeur du festival le repère et le programme à La Folle Journée… de Tokyo, au Japon. « Quelques mois après, j’ai joué mon premier concerto avec orchestre, celui de Weber. » Ce même Concerto, il va le rejouer dans dix jours avec le plus mythique des orchestres : la philharmonique de Berlin. « C’est le Big concert de ma vie », confie-t-il un peu stressé, au milieu d’une répétition pour ses concerts nantais (aujourd’hui à 14h30 et 20h45).

Le mec qui vient jouer
La Folle journée de Nantes a offert une notoriété à de nombreux jeunes artistes. Pénélope Pointcheval était condamnée à rester dans l’ombre, dans la fosse de l’Opéra de Paris où elle est contrebassiste.  » Avec mon instrument c’est compliqué de passer à la musique de chambre, analyse cette belle femme, presque aussi grande que son instrument ! Grâce à La Folle journée je peux jouer avec la pianiste Anne Queffélec, le quatuor Modigliani où le Trio Chausson. Cette année j’ai joué « La Truite » de Schubert écrit pour trio à cordes, piano et contrebasse ! Le rythme du festival est intense, surtout avec un instrument encombrant comme le mien. C’est du sport mais c’est fabuleux ! »

« Ce qui change ici ?, s’interroge le claveciniste Bertrand Cuiller, nantais qui participe à La Folle Journée depuis 16 ans. Pour accéder à la salle on traverse le public, des milliers de gens, partout ! Ça remet à sa place : je ne suis pas une star sous les projeteurs, juste le mec qui vient jouer. C’est peut-être le plus humain des festival.  »

Jusqu’au dimanche 7 janvier 2016. Cité des Congrès.
7 à 25 euros le concert. Accès gratuit aux concerts de la grande halle sur présentation d’un billet. Journées spéciales sur France Musique et sur ARTE. Article paru le 5 février dans Le Parisien.

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