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Karine Deshayes : « Rossini, c’est jouissif »

CD – Artiste lyrique de l’année aux Victoires de la Musique classique, la mezzo-soprano Karine Deshayes consacre son dernier disque à Rossini.

Son agenda la fait voyager des opéras de New-York, Paris, Madrid et San Francisco. Karine Deshayes est l’une des voix lyriques françaises les plus demandées. En 2011 et en février dernier, les Victoires de la musique classique l’ont élue artiste lyrique de l’année. Accompagnée par l’ensemble Les Forces Majeures dirigé par Raphaël Merlin, elle présente un tout nouveau disque consacré à Rossini (Aparté), un compositeur qu’elle adore.

Qu’est-ce qu’une mezzo-soprano ?
C’est un nom qui est arrivé très tard dans l’histoire de la musique. Les compositeurs écrivaient pour des voix aigues, soprano, et des voix graves, alto. Puis l’on a considéré qu’il y avait une voix intermédiaire, une voix de soprano plus sombre : une mezzo-soprano ! Cela n’a rien à voir avec l’ambitus (l’étendue de la tessiture, ndlr) comme on le pense souvent. Une mezzo « monte » souvent aussi haut qu’une soprano. La question est d’être à l’aise dans un répertoire. Il faut donc bien connaître sa voix pour savoir si elle sied mieux aux opéras de Verdi ou de Rossini. Ce n’est une question facile : la plupart des chanteuses se la posent quand elles apprennent à chanter.

Pourquoi vous plaisez-vous dans la musique de Rossini ?
Si on aime les vocalises, c’est jouissif ! Et j’adore ses personnages de travestis. Rossini aimait beaucoup les mezzi et leur a donné souvent des rôles essentiels comme Rosina et son fameux « Una voce poco fa » extrait de son opéra « Le Barbier de Séville ». Mon préféré est le rôle-titre de La Cenerentola (« Cendrillon »). C’est celui que je chantais pour les auditions, il me porte chance ! C’est une joie que ma voix corresponde à ces rôles. J’ai regroupé dans ce programme les personnages que j’ai incarnés sur scène et d’autres, comme « Sémiramide » et « Otello ».

Et vous avez ajouté une rareté : du Rossini en français !
Oui et c’est aussi un Rossini plus sérieux, que l’on connaît moins. Rossini a vécu un temps à Paris et il a écrit une mélodie intitulée « L’âme délaissée ». Comme dans sa Cantate, une autre rareté que j’ai mis dans le disque, son style est plus intimiste, plus proche des opéras de Donizetti ou de Bellini.

Prochain concert : le 29 mai au Festival de Saint-Denis.

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